Daphne : Vous êtes l'objet de critiques enflammées de Whistledown. Avez-vous vu ?
Simon : Je l'ai lu. Je devrai être comédien.
Daphne : Est-ce affreux de ma part d'y prendre goût ?
Simon : A ma rageuse jalousie ?
Daphne : Au fait de tromper Whistledown. Elle sait tout, sur tout le monde, même sur la reine. Et pourtant, la voilà totalement convaincue que nous sommes fous l'un de l'autre.
Simon : Nous sommes terriblement rusés.
Daphne : Oui je vous l'accorde.
Simon : L'orgueil vous sied à merveille, Miss Bridgerton.
Daphne : L'orgueil est un péché Votre Grâce.
Simon : C'est l'un des moindres. Mais ne craignez rien. Il faut bien commencer quelque part.
Daphne : Vous n'êtes pas aussi choquant que vous croyez l'être.
(Elle se retourna pour observer le tableau qu'il regardait.)
Daphne : Oh c'est aussi l'une de vos toiles.
Simon : Vous semblez surprise.
Daphne : J'admets que je le suis. Elle est si différente des autres dont vous avez fait don.
Simon : Certes, elle l'est. Les autres sont conformes aux goûts de mon père. Si l'on en croit Lady Danbury, celle-ci était une des préférées de ma mère. Et je n'ai jamais compris pourquoi.
Daphne : Je la trouve magnifique. Elle me rappelle mes...mes réveils à la campagne. Au petit matin, au saut du lit, lorsque je suis seule et n'est pas encore parlé à âme qui vive. Je regarde par la fenêtre et tout est serein. J'ai le sentiment d'être la dernière personne vivante sur Terre. Je ne me sens pas seule pourtant, je suis tranquille, paisible. Les autres toiles sont certes grandioses et imposantes mais cette œuvre...cette œuvre-ci est intime.