Lady Danbury : Ma foi, si ce n'est pas un régal pour les yeux. Mes condoléances, monsieur le Duc. Pour votre père.
Simon : C'est très gentil à vous.
Lady Danbury : Très gentil à moi ? Vous haïssiez votre père.
Simon : Je suis ravi de vous voir Lady Danbury.
Lady Danbury : Des mots que je n'entends pas assez souvent. Venez. Vous excuserez la confusion qui règne ici. Comme vous le savez, j'organise un bal ce soir.
Simon : Je sais.
Lady Danbury : Je suis parvenue à ne pas ébruiter la nouvelle de votre retour. Mais quand ces grossières mères de famille découvriront qu'un duc, encore célibataire, sera présent à la fête de ce soir, je ne serai plus en mesure de conserver le secret.
Simon : C'est de ça que je voulais vous entretenir. Je ne suis rentré à Londres que pour régler les affaires de mon défunt père. J'ai peur que cela ne me laisse pas le temps à consacrer à des mondanités. Et donc, tout en appréciant votre aimable invitation, Lady Danbury, je vous demande d'accepter mes excuses.
Lady Danbury : Vos excuses sont refusées.
Simon : Une brève apparition serait certainement...
Lady Danbury : Parfait ! Vous oublierez cette flasque que vous gardez sur vous. Ce n'est pas digne de votre rang.
Tu ne sais pas ce que c'est qu'être une femme. De savoir que sa vie toute entière se réduit à un seul instant. Je n'ai été élevé que pour ça. C'est...tout ce que je suis. Je n'ai pas d'autre valeur. Si je n'arrive pas à trouver un mari, je ne vaudrai plus rien.
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Dîner chez les Bridgerton[]
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Simon : Vous paraissez mécontente.
Daphne : Vraiment ?!
Simon : Nous sommes assis l'un à côté de l'autre, Miss Bridgerton. J'aimerai croire que cela vous plaît.
Daphne : Peut-être, monsieur le duc, vaudrait-il mieux que vous vous absteniez de toute supposition à mon sujet.
Simon : C'est seulement...surprenant.
Daphne : Certes mais néanmoins, est-il possible pour une dame d'offrir autre chose qu'un sourire lorsqu'elle assise près d'un duc ? Même quand il a votre réputation.
Simon : Vous connaissez ma réputation ?
Daphne : Je sais que vous êtes amis avec mon frère aîné. Et si cela ne suffisait pas, je sais aussi comment une certaine chroniqueuse vous a récemment décrit. Présomptueux ? Cela va sans dire. Arrogant ? A l'évidence. Un débauché, jusqu'à la moelle. Dites-moi si je me trompe ?
Simon : Au sujet de qui dois-je m'abstenir de toute supposition ?
Daphne : Je peux vous assurer que je ne m'intéresse pas du tout à vous.
Simon : Tant mieux.
Daphne : Oui.
Simon : Et c'est absolument réciproque. Un autre sujet récent d'une certaine chroniqueuse : la sœur de mon plus vieil ami. Chaste, soignée, aux abois.
Daphne : Je vous ferai savoir...
Simon : Dans sa quêtes d'un mari, je veux dire. Dites-moi si je me trompe ?
Anthony : Hastings. Je suis ravi que vous ayez décidé de vous joindre à nous. D'une manière aussi spontanée.
Simon : Spontané ? Lady Danbury ayant accepté pour moi l'aimable invitation de votre mère, ma foi, comment aurai-je pu la décliner ?
Lady Violet : Il faut que vous restiez pour le dessert. Tarte aux groseilles à maquereau, monsieur le duc.
Daphne : Monsieur le duc, je n'avais aucune intention de...
Simon : De lui faire voir trente-six chandelles ? J'avoue que je suis impressionné.
Daphne : Mais que faites-vous ici ?
Simon : J'évite certaines personnes.
Daphne : Des personnes ?
Simon : Les mères. Ce sont des personnes, je suppose.
Daphne : Vous venez du passage obscur ? Il ne se trouve qu'à quelques pas d'ici.
Simon : Que savez-vous...
Daphne : Le passage n'est à quelques pas d'ici...et je suis seule avec deux hommes !
Simon : Je dirai avec un seul homme. L'autre...
Daphne : Un homme ou deux, ma réputation est en jeu. Avez-vous la moindre idée de ce qui se passerait si quelqu'un ne faisait que suggérer que j'ai...Je dois y aller.
Berbrooke : Epousez-moi Miss Bridgerton.
Simon : En matière de demande en mariage, c'est sans doute la moins romantique qui soit.
Daphne : Je suppose que si par malheur on devait me trouver ici, l'accepter serait un moyen de me sortir d'affaire.
Simon : Oh vous ne pouvez pas sérieusement songer à l'épouser ?
Daphne : Si je ne fais pas l'objet d'une autre demande, il se pourrait bien que je n'ai guère le choix. Contrairement à vous, je ne peux pas simplement déclarer que je ne souhaite pas me marier. Je ne jouis pas d'un tel privilège.
Simon : Oui j'ai été quelque peu étonné d'apprendre que les prétendants ne se bousculaient plus à votre porte.
Daphne : Je n'ai nul besoin de votre dérision, monsieur.
Simon : Ce n'est pas de la moquerie. Je suis sincère. Je sais ce que cette Lady Whistledown a écrit. Croyez bien que je méprise cette femme autant que vous. Elle n'a fait que lancer un défi aux mères les plus ambitieuses de Londres, les encourageant, les provoquant...
Daphne : A vous revendiquer comme leur trophée ? Rassurez-vous monsieur le duc. Je pense qu'une telle victoire serait rapidement offusquée. Je dois partir par là. Vous passez à travers ses arbres.
Simon : Peut-être y-a-t-il une solution. A notre différend avec Lady Whistledown. Nous pourrions prétendre une affection réciproque. Avec vous à mon bras, tout le monde croira que j'ai enfin trouvé ma duchesse. Toutes les mères présomptueuses me laisseront en paix et tous les célibataires auront les yeux rivés sur vous. Vous savez certainement que les hommes s'intéressent toujours à une femme lorsqu'ils croient qu'un autre, surtout un duc, s'y intéresse également.
Daphne : Vous pensez que Lady Whistledown...
Simon : Je pense qu'elle nous dépeindra tel que nous sommes : moi indisponible, vous désirable.
Daphne : C'est un plan absurde.
Simon : Je le trouve plutôt brillant. Dès lors que vous ne souhaitez pas m'épouser. Et que je ne souhaite pas vous épouser, qu'est-ce que vous avez à perdre ?